Togo : excursion au pays Tamberma

La région située tout autour de la ville de Kara est très aride mais compte de belles surprises : le marché de Niamtougou, le pays Kabyè et le pays Tamberma. Point d’orgue d’une visite au Togo et seul site classé au patrimoine mondial de l’humanité du pays, le pays Tamberma fait partie des incontournables. Vous le trouverez dans une zone reculée du pays, au bout d’une piste rocailleuse, à quelques centaines de mètres du Bénin.

Kara

Les rues de Kara. Au bout d’un moment, toutes vos affaires auront pris la couleur rouge de cette terre. Ce que vous aurez cru, dans un premier temps, être du bronzage risque bien d’être, en réalité, une pellicule de poussière.

Pour accéder au pays Tamberma, il est indispensable de passer par la ville de Kara, situé aux 2/3 du pays vers le nord. Cette dernière est plutôt agréable. Comme souvent au Togo, les rues sont de longues allées poussiéreuses en latérite. Comme à Lomé, le marché principal a été incendié, et la grande place qu’il occupait est maintenant barricadée derrière une barrière de tôle qui semble vouée à rester là bien des années encore. Malgré cela, il est agréable de se balader tranquillement, pour aller manger ou boire un verre. Il y a d’ailleurs quelques très bonnes adresses (voir « Infos pratiques » à la fin de l’article).

Kara compte une particularité: celle d’être la capitale de la région d’origine des présidents du Togo (une dynastie présidentielle dirige le pays). Grâce à cela, la cité a bénéficié d’infrastructures uniques, telles un immense centre des congrès, des routes goudronnées (et éclairées) en bon état pour mener jusqu’à la demeure du président, ou encore un aéroport (qui ne sert qu’au président).

Pays Tamberma

Les fameuses «tatas» des Tambermas. Et oui, c’est pas des vielles dames qui piquent mais le nom des maisons.

On vous l’a expliqué, c’est le clou de la visite de la région de Kara (et donc de cet article). Pour la petite histoire, le peuple Tamberma vient du Burkina-Faso, chassé de ses terres par une ethnie musulmane. Pour se protéger, les réfugiés se sont installés le long d’une grande falaise et ont transformé les cases traditionnelles de la région en véritables châteaux-forts de la savane.

Entre deux châteaux-forts. On se croirait presque en Dordogne. En un peu plus sec.

Les petites structures rondes sont devenues de véritables tourelles crénelées, rejointes par des remparts de terre. À l’intérieur, des meurtrières permettent de décocher des flèches de la même manière que dans les forteresses médiévales. Des pièces secrètes sont utilisées pour se réfugier.

Non, ce n’est pas un chat dans la nuit, mais deux meurtrières percées dans le mur afin de décocher des flèches aux ennemis. L’occasion de remarquer que lorsque l’on vient de l’extérieur, l’obscurité est totale à l’intérieur.

Le toit a été transformé en lieu équipé pour tenir un siège, avec chambre, réserves d’eau et de nourriture.

Sur la terrasse du « château » tata. C’est une pièce de vie extérieure où l’on dort, se lave ainsi qu’un entrepôt pour les récoltes.

Le sommet des tourelles sont en fait des greniers. Malin.

Il existe plusieurs villages regroupés à quelques kilomètres de la frontière du Bénin. le plus connu s’appelle Bassamba, au bout d’une piste poussiéreuse partant de Kandé, au nord de Kara. Il faut savoir que l’on trouve le même type d’habitat de l’autre côté de la frontière, où il a pris le nom d’Otammari.

Si vous voyez des plumes accompagnées de trainées noires en Afrique, c’est sans doute qu’un oiseau a passé un sale quart d’heure il y a quelques temps. Ici, il s’agit de fétiches sur lesquels sont réalisés des sacrifices. Le peuple Tamberma est animiste.

Dans le village, un baobab géant a été creusé, lui aussi pour servir de cachette en cas d’attaque. Il y a d’ailleurs de nombreux baobabs dans le superbe paysage aride.

Sur place, n’hésitez pas à discuter avec les habitants qui sont adorables.  

La région de Kara

C’est pas fortifié mais c’est tout de même sympa de passer là.

Outre le pays Tamberma, la région de Kara mérite d’être visitée, au moins en une journée. Le pays Kabyè vaut le coup, notamment par la beauté des collines et des villages de paysans qui cultivent ces terres rocheuses. L’endroit est très pauvre et l’eau courante n’est pas encore arrivée dans les villages.

Les forgerons forgent à l’aide de pierres. C’est autant par tradition que pour faire le show devant les touristes.

Il ne faut pas manquer le marché de Niamtougou, sans doute l’un des plus beaux que nous ayons vu au Togo.

La lingerie c’est par ici.
Celui qui ne trouve pas les stands d’épices peut aller se rhabiller avec de la wax.
La faille d’Aledjo. C’est une curiosité de la région. Bon, on va pas se déplacer uniquement pour cela, mais localement, les gens en sont fiers. Parlez-en en bien, ça fera toujours des heureux.

En pratique :

Coucou alors voici un taxi brousse pour ceux qui se demandaient à quoi cela pouvait ressembler.

Y aller

Vous pouvez arriver directement à Kara depuis Kpalimé dans la journée. C’est un peu long et pierreux, mais cela se fait bien. De Kpalimé il faut prendre le taxi brousse jusqu’à Atakpamé (2 heures, 2500 francs CFA/personne, beaucoup de travaux donc route mauvaise). Demandez-lui de vous laisser au taxi-brousse pour Kara (et qui passe par Sokodé, total 5 heures, 4500 francs CFA/personne, quelques travaux au début). Partez tôt le matin et le trajet devrait bien se passer.

De Dapaong, il existe des taxi-brousse allant directement à Kara.

Visiter

Comme souvent au Togo, la meilleur option pour visiter est de s’adjoindre les services d’un guide. Et comme souvent au Togo, il vous faudra payer pour le guide, le chauffeur, la voiture, la nourriture, les entrées, etc. Surtout, faites détailler le prix de chaque prestation avant de vous lancer dans votre journée de visite. N’hésitez pas à négocier le prix. On ne vous recommandera pas le notre car ce n’était vraiment pas le meilleur du Togo. Comptez au moins 60.000 francs CFA pour une journée.

Guider des touristes, l’occasion de choper un gros sac de charbon.

À Kara, nous avons dormi à l’hôtel La Douceur, où la chambre climatisée est à 12.000 francs CFA et la chambre ventilo à 8000. On vous conseille la première car il fait très chaud dans cette partie du pays. Le restaurant du lieu est le point de rencontre des quelques expatriés du coin et de la bourgeoisie locale. Il est d’un standing supérieur à celui de l’hôtel.

Le fufu c’est la vie !

Pour manger le soir, nous pouvons vous conseiller d’aller Chez Navi. C’est à côté de l’ancien marché. C’est là que l’on mange le meilleur foufou de la ville, pour un prix très abordable, le tout dans une super ambiance.

Nous avons également pris un verre à La vie d’en haut, avec son agréable terrasse qui permet de se couper un peu du tumulte de la rue africaine. Le lieux fait à manger mais nous n’avons pas goûté.

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