Burkina-Faso : Bobo-Dioulasso, fétiches et minarets

Bobo-Dioulasso. Un drôle de nom pour une chouette ville. Pour qui arrive de Ouagadougou (un nom marrant aussi quand on y pense), une chose est évidente: à Bobo, on respire. Il est même agréable de flâner dans les longues rues plantées d’arbres, ce qui, reconnaissons le, n’est pas le cas de toutes les villes africaines.

Bobo-Dioulasso, fondée par les ethnies Bobos et Dioula, d’où cette appellation étrange, fut jadis un carrefour économique entre le Burkina-Faso, la Côte-d’Ivoire, le Ghana et le Mali. Elle est aujourd’hui considérée comme comme la capitale culturelle du pays et s’impose comme étape majeure d’un séjour au Burkina.

Bienvenue à Bobo-Dioulasso. C’est marqué sur le panneau.

La ville compte de magnifiques édifices de style soudanais datant de l’époque coloniale. La gare est splendide, le musée provincial vaut le coup d’œil (de l’extérieur), tout comme le marché. Attention cependant, pour ce dernier, on vous déconseille d’y entrer : les rabatteurs sont insupportables et très agressifs. Ils sont le seul désagrément de cette ville.

Marché superbe. Rabatteurs insupportables.
Gare superbe. Pas beaucoup de trains.

Il ne faut pas manquer le vieux centre. Ici, les ruelles de Sya (l’ancien nom de la ville), deviennent sinueuses. A chaque quartier sa communauté et ses propres règles : forgerons, griots, potiers, sculpteurs. Tout est très codifié.

Dans les ruelles de Sya.

L’animisme est partout et on pratique des sacrifices à chaque coin de rue. Dans les petites venelles imbriquées, impossible d’échapper aux fétiches tant ils sont nombreux. Mais c’est peut-être le but d’ailleurs, toujours avoir un œil sur vous. Qui sait ?

Quelques poulets ont dû y passer avant les matches du Real Madrid meilleur club du monde.

De l’autre côté de la route, s’élève une des splendeurs de la ville, la vieille mosquée, datant de la fin du XIXe siècle. Elle est magnifiquement conservée et bien entretenue puisque les gens du coin aimeraient bien la faire classer au patrimoine mondial de l’humanité. C’est tout le mal qu’on leur souhaite, vue la beauté des lieux.

Ceci est une mosquée et pas un mur d’escalade.

 

Les murs sont en terre, ce qui permet à l’ensemble de garder une incroyable fraîcheur alors qu’à l’extérieur vous pourriez faire cuire un œuf sur les pierres. Sur le toit, plusieurs tours sont constituées de 4 ou 5 étages et servent aux personnes souhaitant méditer et se retirer pendant plusieurs semaines.

45 à l’extérieur, 25 à l’intérieur.
Ce n’est toujours pas un mur d’escalade mais bien une mosquée.

Un peu à l’extérieur

Quand on vous dit que la poussière est omniprésente : elle recouvre tout.

De Bobo, louez une moto pour aller voir le village de Koumi, qui vaut vraiment la balade. C’est très agréable de faire de la moto autour de Bobo, puisque les routes sont en relatif bon état et complètement vides. Pensez à vous couvrir, c’est l’Afrique, vous risquez de cuire aussi vite qu’un œuf sur une pierre pendant le trajet.

A la rencontre d’une habitante souriante.

Koumi est un village Bobo noir traditionnel. On y retrouve la division en quartiers, comme à Bobo-Dioulasso : les forgerons, les griots et les agriculteurs. Là aussi, il y a des fétiches partout. Encore plus que dans les ruelles de Sya. Et à en juger par le nombre de plumes par terre, un véritable massacre de poulet a eu lieu récemment. On fait appel aux fétiches pour tout : avant le départ à la chasse, pour célébrer le passage à l’âge adulte, pour que les objets forgés tiennent le coup…

Poulets sensibles, s’abstenir.
Quand on vous parle d’hécatombe, on ne mâche pas nos mots.

Notre guide tient à nous préciser qu’à chaque fois que l’on voit une porte badigeonnée de blanc, c’est que « c’est un cabaret ». Il faut croire que les gens aiment sortir dans ce coin perdu d’Afrique car on trouve un petit Moulin rouge de brousse toutes les quatre portes. On comprendra que par cabaret, il faut entendre « endroit où l’on peut acheter de la bière de mil et la boire et que boire sous le soleil de plomb, ça tape vite sur la tête ».

Voici un « cabaret ».

Curiosité du village, un champ de trous après les dernières maisons. En regardant de plus près, vous voyez de la matière végétale régulièrement éjectée des trous : se sont en fait des pièces creusées sous terre où les femmes pratiquent la vannerie. Sous terre, elles sont au frais, et peuvent papoter sans se faire ennuyer par les hommes.

Planquées bien au frais.

Vous ne quitterez sans doute pas le village sans aller vous faire racket… présenter vos hommages au chef du village, qui ne manquera pas de vous demander de faire un don afin qu’il s’achète ses noix de kola. Vous ne pouvez pas lui donner l’argent directement dans la main, il faut le poser par terre. Après ce rack… ce don, il vous souhaite tous les meilleurs trucs de la terre et vous le saluez sans lui serrer la main parce que c’est rigoureusement interdit de toucher le chef. Et c’est aussi interdit de faire des photos de la place où vit le chef, malgré le fait que vous ne le touchiez pas le moins du monde en prenant un cliché.

La personne de droite semble un peu perdue. Depuis qu’on voyage, on aime bien aider les gens dans la rue.

On vous donne rendez-vous au prochain article pour la mare de Dafra, l’un des trucs les plus dingues que nous ayons fait en Afrique.

Y aller

Il est très simple de se rendre de Ouaga à Bobo. Il y a de multiples compagnies de bus. Nous avons choisi la compagnie TCV, de relativement bonne qualité. Il en coûte 6500 francs CFA par personne pour 4h30 de route.

Tout le monde regarde un match de Ligue 2 française entre Tours et Angers. En plein milieu de l’Afrique. Oui.

Dormir

Notre coup de cœur en Afrique et celui des deux autres personnes que nous connaissons qui sont allées à Bobo : La Villa Bobo. Magnifique petite maison, avec jardin et piscine. Les chambres sont parfaites, si ce n’est qu’étrangement les hauts des murs de la salle de bain sont ouverts et communiquent avec la chambre d’à côté. Superbe piscine au milieu d’un jardin (et on peut vous dire que la piscine ça compte !). Scooters à louer. Au niveau situation, c’est un peu à l’écart du centre-ville, ce qui n’est pas désagréable.

La chambre double climatisée est à 18.000 francs CFA.

Acheter

Bobo-Dioulasso est la ville où faire ses achats. Le quartier des artisans, au Nord de Sya, offre tout ce que vous pouvez imaginer d’objets locaux produits localement. Négocier fermement.

Nous vous conseillons également de vous rendre à la boutique Ma Copine, située non-loin de la rivière. C’est un peu cher, mais vous n’y trouverez que des articles de qualité réalisés par des femmes créatrices de la région. C’est simple : on aimerait tout acheter.

Nos autres articles

Sur le Burkina-Faso, retrouvez notre article sur la super petite ville de Banfora

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s