Chine : à l’assaut des tulous du Fujian

Ronds ou carrés, anciens ou modernes, immenses ou juste grands, touristiques ou dans leur jus, les tulous parsèment le sud-ouest du Fujian par milliers. Ces immenses maisons communautaires en terre pouvant accueillir des familles, voire des clans entiers, sont la principale attraction de la province. A raison, tant ces citadelles sont des merveilles d’architecture posées dans une campagne idyllique.

King of the tulou alias Chengqi tulou, le plus haut tulou du Fujian : 5 niveaux, 300 ans d’existence, 270 pièces et une tour de guet. Le tulou de tous les superlatifs.

Les premiers tulous ont été érigés au XVe siècle par les Hakkas qui migrèrent dans les zones rurales du Fujian pour s’éloigner des persécutions. Cette fonction défensive explique l’architecture de ces maisons robustes tournées vers l’intérieur. De forme ronde ou carrée, elle sont constituées de grands murs aveugles à l’exception d’une ou deux entrées.

Mais en fait, c’est le bordel à l’intérieur ?! Je veux dire, il y a de la vie, il y a beaucoup de choses à voir, d’étages et tout…

Une sobriété qui contraste avec l’intérieur des tulous. Au centre une grande cour accueille le temple des ancêtres. Elle représente le lieu de vie et de socialisation du clan. Là où l’on tire de l’eau, cuisine, mange, discute, tisse, fume etc. Au rez-de-chaussée, on trouve les pièces de vie : boutique, salon ou salle à manger, cuisine souvent réduite à un évier archaïque.

La cour centrale est le lieu de vie du tulou. On y vend aussi quelques souvenirs dans les tulous touristiques 😉

Dans les étages, les lieux de stockage et les chambres. Dans le tulou où nous avons dormi, il n’y avait pas de toilette. Il fallait se rendre à l’extérieur dans des lieux (très corrects par ailleurs) aménagés pour les touristes. Il est assez incroyable d’imaginer qu’il n’y avait pas de commodités jusqu’à récemment quand on sait que certains tulous pouvaient accueillir jusqu’à 800 personnes.

Le linge sèche ainsi que quelques denrées dans de jolis paniers.

Si l’organisation des tulous est toujours plus ou moins la même, leur taille varie énormément. Certains comportent jusqu’à 5 étages et abritent dans leur enceinte de multiples bâtiments construits en cercle concentriques. Ces tulous hors norme, on reçu des noms de champions ! Ainsi, vous aurez l’occasion de croiser « Prince of the tulous », ou mieux encore, le chef d’oeuvre des chefs d’oeuvre : « King of the tulous ».

222 pièces réparties en deux cercles concentriques, le tout organisé autour d’un temple des ancêtres, voici Zhencheng Lou, le tulou princier bâti en 1912. On ne l’a pas seulement visité, on a dormi dedans.

Une tradition toujours vivace

Si les premiers tulous datent du XVe siècle, il continue de s’en construire aujourd’hui comme en témoigne les nombreux chantiers croisés sur notre route. La vie est rustique mais agréable dans ces édifices « chaud en hiver et frais en été ». Certains tulous sont touristiques mais la plupart ne le sont absolument pas. Ces derniers où l’on peut facilement se rendre, témoignent de cet art de vivre si particulier de ces grandes familles du Fujian.

Un vieux monsieur croisé non loin du Chengqi tulou, nous fait visiter son tulou au combien plus petit et plus authentique.

Un témoignage précieux selon l’Unesco qui a classé en 2008, 46 des 30 000 tulous du Fujian au patrimoine mondial. Apparemment, ces « bâtiments exceptionnels de par leur taille, leur tradition de construction et leur fonction constituent un exemple unique de peuplement humain, fondé sur une vie en communauté et des besoins défensifs tout en maintenant une relation harmonieuse avec leur environnement. » Bon bah, on est assez d’accord avec l’Unesco.

Panorama sur Tianluokeng, un des ensembles de tulous les plus connus du Fujian affectueusement surnommé « 4 plats et une soupe »
Touristes chinois prenant la pose à Yuchang Lou, le plus haut tulou rond du Fujian. 5 niveaux, 270 pièces, 300 ans mais bon… qu’est-ce que ça représente face à l’opportunité d’une petite choré bien photogénique ?!

Les tulous du Fujian sont disséminés dans de tous petits villages très peu accessibles en transports en commun. En Chine, il n’est par ailleurs pas possible de louer de voiture. Il ne vous reste donc qu’à prendre un chauffeur ou un guide pour vous emmener à la découverte de cette jolie région. Notre chauffeur ne parlait que chinois et il nous a emmené dans 2-3 boutiques de touristes pour qu’on achète du thé et d’autres choses mais la région est si belle que ça valait bien quelques tentatives d’arnaques.

Car au delà des tulous, ces provinces du Fujian sont magnifiques et permettent de découvrir une Chine rurale loin des grandes villes que nous avons l’habitude de visiter.

EN PRATIQUE

Général

Le gouvernement chinois censure de nombreux sites internet et applications. Afin de pouvoir utiliser internet et réserver hôtels et billets de train, il est nécessaire de télécharger différentes applications. Nous avons souscrit un abonnement d’un mois à un VPN (Express VPN) ce qui nous a permit de contourner la censure.

Pour la réservation des hôtels et des trains, nous avons utilisé le site Trip.com

Comment réserver un billet de train ? Une fois la réservation effectuée sur Trip.com, vous allez recevoir par mail ou sur l’appli un numéro de récupération (série de chiffre commençant par la lettre E). Il vous faudra ensuite vous rendre dans n’importe quelle gare ou agence de billet autorisée en Chine continentale, muni de la pièce d’identité utilisée lors de la réservation et de ce numéro de récupération. Il vous sera alors remis des billets de train. Attention de bien vous présenter en avance à la gare car les contrôles préalables ressemblent plus à ceux d’un aéroport que d’une gare.

Ce site fonctionne très bien pour la réservation d’hôtels.

L’application WhatsApp étant censurée, nous vous conseillons de télécharger WeChat utilisée par tous les chinois. Cela nous a servi à dialoguer avec notre guide tant depuis la France que depuis la Chine.

Y aller, dormir et manger

Nous avons fait un tour de deux jours à la découverte des tulous au départ de Xiamen. Nous avons réservé un chauffeur (parlant uniquement chinois) via le gérant du Tulou Fuyulou Changdi Inn. Le chauffeur est venu le jour convenu à l’heure convenu nous chercher à notre hôtel. Le circuit s’est très bien déroulé et tout ce qu’on a vu était intéressant. Prendre un guide est sans doute un vrai apport culturel, nous n’en avions pas les moyens sur ce voyage. Pour ceux qui souhaiteraient un guide, nous avions été en contact avec deux guides sarahchen09@hotmail.com et serge.chinaroads@gmail.com qui nous avaient proposé des programmes intéressants.

Le Tulou Fuyulou Changdi Inn était complet (un lycée français le remplissait entièrement) mais le patron nous a trouvé une solution d’hébergement dans une petite chambre du Zhencheng Lou, le tulou princier. C’était un peu rustique mais vraiment typique, on a adoré. On a diné le soir au Tulou Fuyulou Changdi Inn à 10 minutes à pieds au bord de la rivière, cela nous a permis de découvrir le village très beau et paisible.

A bientôt pour d’autres aventures, je me mets au lit.

Nos autres articles sur la Chine :

Chine: Fujian : Xiamen et Gulang Yu, la Chine à la cool

Hong Kong : une ville, plusieurs continents

Cheung Chau : Hong Kong côté plage

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